La physique quantique offre la sécurité absolue

Ecrit par Logik, le 31 May 2005 dans la catégorie Cryptographie / Stéganographie

Note de Warfo : la physique quantique est une théorie probabiliste basée sur les nombres et le hasard. Elle repose sur des théories remettant en cause la physique classique du XXème siècle puisque ses fondements n'ont pas d'équivalence dans le mode réel, ou tout du moins n'avaient pas d'équivalence. Les scientifiques ont en effet récemment réussi à téléporter des photons, ce qui constitue une grande avancée et bouleverse les théories établies.

La physique quantique offre la sécurité informatique absolue

Une opération de télébanking est-elle complètement à l'abri d'un piratage informatique ? La cryptographie quantique répond par l'affirmative.

Lors d'un transfert de données sensibles entre ordinateurs (de banque à banque, d'une ambassade à un gouvernement), un espion est toujours susceptible de débrouiller un algorithme de cryptage. Il lui suffit de disposer de la puissance informatique et des connaissances mathématiques nécessaires. En 1977, les concepteurs de l'algorithme de cryptage RSA, très utilisé, prédisaient qu'il faudrait quarante mille milliards d'années pour déchiffrer un code secret de 428 bits.

Mais en 1994 déjà, grâce à un calcul distribué sur internet le code était cassé. En outre et aussi sophistiqués soient-ils, les algorithmes de cryptage traditionnels ne permettent pas de savoir si le message émis a été intercepté par une personne autre que le destinataire. Un espion est en revanche immédiatement repéré avec la cryptographie quantique. Cette technologie, issue d'une loi fondamentale de la physique quantique, permet d'échanger entre deux ordinateurs une clé de cryptage en code binaire (une suite de 0 et 1) dont la sécurité est absolue. Le principe, explique le professeur Nicolas Gisin, directeur du groupe de physique appliquée de L'Université de Genève, consiste, grâce à un rayon laser, à envoyer des photons (particules de lumière) qui représentent chacun un bit, à travers des fibres optiques du réseau téléphonique traditionnel. Or, selon le principe d'incertitude d'Heisenberg, l'une des propriétés du photon est qu'il est impossible de l'observer sans le perturber de façon irrémédiable.

La distance limite encore la transmission d'informations

Autrement dit : si le récepteur (traditionnellement appelé Bob par les cryptographes) reçoit sans perturbation le photon envoyé par l'émetteur (Alice), il peut être certain qu'aucun espion (Eve) n'ait pu l'intercepter, sans qu'il n'y ait des erreurs de transcription dans la séquence de bits échangés. Si Eve détecte le photon, elle interrompt la communication. Elle pourrait réinjecter des photons identiques au résultat qu'elle a obtenu. Mais Alice et Bob se sont entendus sur un code aléatoire qui leur permet de contrer la stratégie de l'espionne. La clé de cryptage est donc inviolable. Revers de la médaille : cette technologie est limitée par la distance. Après vingt kilomètres, il ne reste plus que la moitié de photons émis, constate Nicolas Gisin également cofondateur de la société id Quantique qui a développé un prototype de cryptographie quantique.

Nous avons réalisé une transmission entre Genève et Lausanne sur 67 kilomètres via les fibres optiques Swisscom, se félicite un physicien. Mais nous sommes limités par le fait qu'il est impossible de "cloner" les photons pour régénérer le signal. Or après 80 kilomètres, celui-ci devient trop faible pour établir une clé de cryptage.

L'avenir consistera donc à fabriquer un répétiteur de photons, ce qui permettrait de transmettre en toute sécurité des données sensibles sur une grande distance. Les scientifiques prétendent déjà entrevoir une solution théorique...

Cet article provient du journal Suisse "La Côte", il est paru le jeudi 19 mai 2005 et a été écrit par Samuel Schlapbach. Il a été réécrit par Logik.

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